Introduction

Dans le numéro 89 de notre publication, nous présentions la société Voxygen, spécialisée en technologie de synthèse vocale, à l’occasion de la sortie de leur catalogue de voix destinées au grand public, permettant de vocaliser du texte numérique depuis un ordinateur personnel ou assister par voix de synthèse un logiciel d’aide à la communication.

Le catalogue s’est depuis enrichi de nouvelles voix : après Mattéo, première voix de synthèse enfant (garçon), Voxygen annonce Emma (voix enfant fille), crée un département santé et annonce une prestation de service permettant de sauvegarder par voix de synthèse la voix naturelle de personnes dans les cas prévisibles de perte de la parole, suite à une intervention ou l’évolution d’une maladie neuro dégénérative.

www.voxygen.fr

Emma, voix de synthèse enfant/fille

Depuis le 1er septembre, Mattéo a une petite sœur nommée Emma.

Vous pouvez découvrir cette nouvelle voix fluide et naturelle depuis le démonstrateur de voix installé en page d’accueil du site : www.voxygen.fr

La voix d’Emma est disponible en version Windows Sapi 5, compatible avec les principaux logiciels d’aide à la communication (60 €), ainsi qu’en version Android (3,60 €).

best-of-vox.com : rubrique voix naturelles, onglets Windows/Android.

Les voix Emma et Mattéo sont installées sur l’application d’aide à la communication Avaz pour tablettes iPad (IOS) : www.avazapp.fr

Voxygen annonce également la sortie de trois nouvelles voix (Fabienne, Ludovic et Michel) adaptées au lexique médical et développés dans le cadre du projet Patient GeneSys, plate-forme de simulation médicale pour la formation des personnels de santé.

“Emma” : nouvelle voix de synthèse enfant Voxygen (Sapi 5 et Android)

Sauvegarder la voix de synthèse vocale

  • Historique : le Projet En-Dro

    En 2008, C-RNT a diffusé une publication écrite par Annie Leforestier, orthophoniste au CH de St Brieuc sur le thème de la communication alternative auprès de personnes souffrant de la SLA. Dans sa conclusion, l’auteure évoquait le projet En-Dro, fruit d’un partenariat entre le Centre SLA du CH de St Brieuc, le laboratoire "Speech and Sound Technologies & Processing" de France Telecom, R & D Lannion et l’IRISA (Institut de Recherche en Informatique et Systèmes Aléatoires, Rennes).

    Objectif : élaborer une solution technologique sous forme de synthèse vocale qui reproduise la voix du patient pour l’intégrer à un appareil de communication adapté. Une technique proposée aux patients avant perte prévisible de la parole.

    Ces travaux ont été repris par la société Voxygen, spin-off d’Orange Labs, avec pour objectif de simplifier le protocole d’apprentissage vocal et réduire le temps d’enregistrement nécessaire à la production d’une voix de qualité. Un travail expérimenté ces derniers mois au service ORL du CHU de Rennes.

  • Premiers tests au CHU de Rennes

    Continuer à communiquer avec sa propre voix alors qu’on a subi une opération mutilante (laryngectomie) a séduit le service ORL du CHU de Rennes.

    “L’intérêt est que la technique soit non invasive et permet une véritable alternative à tous les échecs actuels de la réhabilitation vocale : voix oesophagienne, implant phonatoire, laryngophone”, déclare le professeur Frank Guegou dans l’excellente émission “Numérique et Santé : les voix de la guérison”, diffusée le 10 mai 2015 par France Inter (ré-écoutable à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=WMmr3Y_7UF4)

    Des études portant sur la qualité de vie ont démontré que la perte de voix, de la communication ou simplement la difficulté à articuler, conduisent à une perte globale de la qualité de vie, provoquant repli sur soi accompagné de dégâts psychologiques importants. L’orthophoniste du service accompagne les premières personnes a qui la technique a été proposée : leur voix numérisée a été installée sur une tablette leur permettant d’éditer et vocaliser des messages avec leur voix retrouvée ! Leurs témoignages, ainsi que celui des proches, est éloquent.

  • Prestation de service

    A l’intention de personnes atteintes d’une pathologie qui peut à court ou moyen terme affecter la voix, Voxygen vient d’éditer une plaquette “Sauvegarder sa voix en voix de synthèse” (jointe à ce numéro).

    Indications : cancer ORL, maladies neuro dégénératives.

    Deux séances de 2h00 modulables sont annoncées suffisantes pour enregistrer la voix dans un centre habilité avec l’aide d’un orthophoniste ou ergothérapeute.

    Actuellement : Rennes (CHU Pontchaillou), Lille (CHU Huriez), Paris (Hôpital G. Pompidou), Tréguier (Hôpital de jour) ou les locaux de la société (Pleumeur-Bodou / Rennes).

    Ces enregistrements sont ensuite transmis à la société et traités par les informaticiens pour créer la voix de synthèse en quelques jours.

    Voxygen propose sa propre application d’aide à la communication pour tablette Android, mais la voix sera compatible avec des applications existantes et également proposée en version Sapi 5 pour les logiciels d’aide à la communication fonctionnant sous Windows.

  • Des unités mobiles prochainement commercialisées :

    Voxygen finalise un équipement mobile qui sera très prochainement commercialisé et proposé aux centres hospitaliers, centres de rééducation et professionnels libéraux.

    Ce matériel se compose d’un ordinateur équipé du logiciel permettant la capture de la voix, d’une carte son, d’un micro casque et d’une tablette Android.

    La commercialisation de cet équipement sera complété par une formation de deux jours organisée dans les locaux de la société.

    La solution actuelle nécessite le transfert des enregistrements aux techniciens de la société qui fabriqueront la voix, mais Voxygen envisage dès à présent une seconde version, nécessitant un gros travail de développement, qui permettra aux établissements ou professionnels de produire eux-mêmes la voix, prête à être installée sur tablette ou ordinateur.

  • Enregistrement de voix dans un studio
    Equipement mobile destiné aux établissements, libéraux...
    www.best-of-vox.com

    Conclusion

    Il y a encore peu de temps, les personnes utilisant un appareil d’aide à la communication assistée par voix de synthèse n’avaient le choix qu’entre deux voix imposées (féminine/masculine) et même les enfants utilisaient une voix adulte pour communiquer... Bien que toujours existants, ces appareils sont aujourd’hui concurrencés par des applications ou logiciels fonctionnant sur tablette ou ordinateur, permettant à l’utilisateur de choisir une voix au sein d’un catalogue ; celui proposé par Voxygen étant le plus riche du moment en matière de synthèse vocale française, incluant deux voix enfant.

    Sauvegarder numériquement la voix d’une personne dans les cas de perte prévisible de la parole est une avancée technologique sans précédent, et une alternative devenue réalité.

    Les travaux menés au CHU de Rennes en service ORL démontrent une faisabilité immédiate, acceptée par les patients et leur entourage.

    L’application de ces techniques à des patients souffrant de maladie neuro dégénérative, pose d’autres problèmes : annonce/prise de conscience de la perte progressive de la voix, fatigabilité ou difficultés phono articulatoires pendant les séances d’enregistrement.

    Cependant, il est numériquement possible de corriger/modifier un diphone mal prononcé, une liaison mal articulée, tout le savoir faire des informaticiens de Voxygen afin de rendre la voix numérique la plus naturelle possible. Naturelle ne veut pas encore dire expressive ou multi-expressive, c’est à dire la voix teintée d’émotion ou de sentiments (colère, joie, tristesse) mais c’est peut être pour bientôt (travaux en cours d’étude).